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L'histoire d'Augustine SHAN SEI FAN

Augustine SHAN SEI FAN

Une vie dédiée au travail et à la mode polynésienne.

Augustine est née le 13 Janvier 1924 à ATIMAONO.

Fille de LEOU THAM et de dame WONG, arrivés à Tahiti vers 1906.

LEOU THAM est arrivé avec les nattes imposées par le gouvernement impérial. Après quelques années passées à HUAHINE où le couple eut un fils Teuraheimata (adopté par la famille OOPA), la famille s’installa près d’Atimaono où naquit Augustine parmi 13 frères et sœurs. Teuraheimata fut envoyé en Chine vers 10 ans pour qu’il puisse recevoir une bonne éducation.

Les temps étaient durs et le couple ouvrit un magasin à ATIMAONO tout en cultivant la terre (canne à sucre, coton…). Tous les enfants devaient participer aux travaux, et la jeune Augustine aida dès son plus jeune âge sa mère aux travaux de couture, art qu’elle pratiqua dès l’âge de 10 ans.

Elle prend pour époux CHIN Ten Sou en 1942 contre la volonté maternelle qui aurait préféré pour gendre un homme né en Chine plutôt qu’à Tahiti. C’était l’époque où les jeunes filles chinoises nées à Tahiti commençaient timidement de s’émanciper.

Après son mariage, Augustine se lance à corps perdu dans la couture qui lui permet d’échapper ainsi au statut de la belle-fille chinoise soumise dont la principale tâche était réduite à la tenue de la maison de sa belle-mère.

Après des années de travail acharné et grâce à un sens artistique aigu, Augustine se taille une belle réputation et s’installe en 1949 rue Paul Gauguin où elle ouvre son atelier « Augustine Couture », elle engage environ cinq autres ouvrières et se réserve la coupe des robes.

Augustine se révèle être une couturière très créative, aux modèles avant-gardistes, elle façonne avec plaisir des robes sur mesure capables de mettre en valeur tous types de silhouettes.

Elle enchaîne les défilés de mode remarqués dans tout Papeete.

En 1957, à la demande de Martine Carole actrice française ingénue de l’époque, elle remet au goût du jour la robe tahitienne traditionnelle de style Pomare et la baptisa ainsi (robe Pomare) grâce à l’autorisation de la dernière princesse Pomare une de ses amies qui accepta de prêter son nom à ce modèle.

L’actrice porta la robe pieds nus au bal du 14 juillet organisé par le Gouverneur et fit sensation, la demande de ce modèle traditionnel revint ainsi en force.

De plus, face à la demande croissante des touristes américaines elle inventa une robe de style tahitien plus près du corps qu’elle baptisa la robe « purotu » dans les années 60.

Aussi, le nom d’Augustine évoque pour beaucoup de femmes le souvenir de la belle époque, années de faste où Papeete se plaisait à être le lieu privilégié de grands bals populaires et de cocktails où chaque femme rivalisait de coquetterie en se parant de robes faites sur mesure.

Augustine fut pendant près de quarante ans une des couturières la plus prisée de l’île, parfois même la confidente à qui on confiait non seulement le soin de confectionner une robe de rêve mais aussi ses bonheurs et petits soucis.

Augustine a ainsi contribué par ses robes au rayonnement international de la mode polynésienne, sa réputation était telle que tous les touristes de passage se plaisaient à ramener de Tahiti une robe signée Augustine Couture. Ses robes étaient vendues sur les plages de Saint-Tropez rendues célèbres par Brigitte Bardot.

Elle est aussi un des membres fondateurs de l’association bien connue « Vahine Porinetia » et siégea de longues années au conseil d’administration de l’association philanthropique.

Augustine a quatre enfants, René SHAN, poète prématurément disparu, et Charley, Louis et Louise qui lui ont donné 12 petits-enfants et 13 arrière petits-enfants.


Mis à jour par muriel@shanseifan.org le 19/02/2003 à 22h17
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